CC de W-St-P: qui va financer la construction du champ ? Mystère

On le sait, la Sisp ( Société immobilière de service public) En Bord de Soignes, traverse de graves difficultés financières qui l’empêchent, désormais, de mener à bien des rénovations pourtant programmées. Et la séance du Conseil Communal de mardi montre que le financement du projet de construction des Dames Blanches pourrait, lui-aussi, être mis en péril.

Durant la soirée, le conseiller de l’opposition (MR) également membre du CA de « En Bord de Soignes » Etienne Dujardin,  a rappelé que les finances de la Sisp sont mauvaises, « Les réserves fondent comme neige au soleil. Il existe un vide locatif de 12% ». Ce qui met en danger les finances de la société immobilière sociale pour les seules rénovations, alors que de gros travaux sont à prévoir. Le conseiller communal: « La société va devoir renoncer à certaines rénovations par manque de moyens. » . On savait que la Commune devrait financer le terrain, mais c’est bien En Bord de Soignes qui doit financer les constructions. Peut-être avec un prêt ou un subside de la SLRB.  Or, la Sisp ne pourra pas financer les intérêts des travaux de rénovation. Comment va-t-elle alors financer la construction de 120 logements sur le champ ? Déjà, le projet prévoit que la Commune devra financer l’achat du terrain (de la zone 2.1), mais elle risque désormais de devoir également financer la construction des logements suite à l’incurie probable de En Bord de Soignes.

Benoît Cerexhe, à propos du financement : « je ne vois pas clair »

A la question : quel est le montage financier du projet, le Bourgmestre botte en touche : « Cela doit être abordé par le CA de En Bord de Soignes, puisque la Commune n’intervient pas pour un cent dans le financement de l’opération. Clairement ».

Pour autant, Benoît Cerexhe ne cache pas ses inquiétudes: « En tant qu’actionnaire de En bord de Soignes j’aimerais, aussi, voir clair. Et je vous avoue qu’au moment où je vous parle, je ne vois pas clair. Encore aujourd’hui, quand je demande des renseignements à En Bord de Soignes, je vous avoue qu’en ce qui concerne la soutenabilité de l’opération (NDLR : la construction du champ), Ils ne savent pas me donner de chiffres (il le répète à deux reprises), ni dans un sens, ni dans l’autre. Comme je m’inquiète quand même un petit peu, car je crois dans ce projet, j’ai interrogé la SLRB au plus haut niveau. Et là, on me dit qu’il n’y a aucun problème sur le financement. J’ai demandé à la SLRB de se mettre autour de la table avec la Sisp pour leur expliquer l’opération ».

En Bord de Soignes incapable de présenter des chiffres…

« Ce qui m’irrite, c’est que, manifestement, circule au sein du CA de la Sisp, des rumeurs qu’ils sont incapables d’alimenter avec des chiffres. Je les demande depuis vendredi et je reçois 4 lignes.  C’est peu pour un projet pareil. On me dit que cela sera discuté dans le courant du mois d’octobre».

… sera au rapport le 29 septembre

Mais le Bourgmestre veut accélérer les choses : il précise que, -vu le manque d’information reçues des responsables de la Sisp- ceux-ci et des administrateurs de En Bord de Soignes seront entendus par le Collège le 29 septembre. « J’espère que nous, en tant qu’actionnaires, nous pourrons voir clair à la fin du mois de septembre, mais je trouve cela spécial comme manière de fonctionner ».

Comment financer des constructions nouvelles ? Un mystère pour tout le monde

 Selon le Bourgmestre, la Sisp ne doit financer « que 50 % » du projet (de 50 millions) et, à son avis, mais sans disposer de chiffres précis, il suppose que ces 120 logements « doivent apporter une certaine rentabilité ».  Ce que contredit Etienne Dujardin au vu des loyers sociaux pratiqués par le logement public. 

Conclusion un peu dépitée du Bourgmestre: « Je ne sais pas, aujourd’hui, quelle est la situation de financement entre la SLRB et le Sisp »…

A titre d’information, un représentant de la SLRB nous avait déclaré lors d’un « Atelier participatif » que la SLRB finançait deux tiers de l’investissement, le tiers restant étant à charge de En Bord de soignes.

Il faudra décidément éclaircir tout cela.

En Bord de Soignes veut créer 120 habitations sociales sur le champ des Dames Blanches, mais supprime ses propres logements sociaux

C’est à ne plus rien comprendre. La société des logements sociaux de Woluwe (En Bord de Soignes) veut absolument détruire le champ des dames blanches pour se faire promoteur de 200 logements, mais ne cesse de détruire son parc immobilier existant.  On sait, depuis son dernier Conseil d’Administration que le plan de rénovation lancé voici plus d’un an est abandonné et que ces logements ne seront donc pas réhabilités. On peut penser que la situation est provoquée par les difficultés financières de la société. Mais ce n’est pas tout. Dans la Cité de l’Amitié (Stockel) En Bord de Soignes supprime au moins 6 logements sociaux actuellement habités pour « récupérer de l’espace » afin de créer de nouveaux bureaux ABDS (qui existent pourtant depuis des années), construire un lavoir, une écoles des devoirs, une salle communautaire (pour faciliter le lien social), et un porche en double hauteur qui va occuper l’espace de deux grands appartements.

Ajoutons à cela l’arrêt, depuis des années, du projet de logements sociaux au rond-point de l’Orée, et l’on se prend à penser que les 120 logements sociaux prévus sur le champ n’ont d’autre utilité que de remplacer les dizaines de logements existants, mais détruits ou abandonnés faute de moyen pour les rénover.

Depuis quelques semaines, plusieurs maisons ont par ailleurs été libérées par des locataires partis vers des logements privés. Il y a fort à parier que ces adresses ne seront pas réattribuées avant longtemps. Pour illustrer nos craintes, il y a, face à mon jardin, un logement social inhabité depuis 15 ans. Et ce n’est pas le seul.

« Que faire sur le champ des Dames Blanches ?» demandent les candidats constructeurs

Un tract déposé chez les riverains du champ lance un appel à idées pour que la seconde partie du champ soit affectée à « la vie collective ». Sans préciser que l’initiative qui sera retenue sera éphémère (Pas plus de 10 à 15 ans), et en faisant croire que la partie du champ destinée à la première phase de construction fait l’objet d’un accord de la population, ce qui est loin d’être acquis. Etrange « processus participatif. »

Rappelons que le champ des Dames Blanches n’est pas un dossier classé, mais un terrain confié à l’agriculture depuis plus de 100 ans. Les riverains n’ont toujours pas donné leur accord à la construction de logements dont on ignore d’ailleurs la taille (1,2,3,4 chambres ?) et qui pose un problème insoluble en termes de mobilité, (terrain enclavé avec une seule entrée/sortie dans l’avenue des Dames Blanches).

Mais le bourgmestre, fort d’un « accord ?» avec la Région Bruxelloise veut déjà décider de la manière dont sera utilisée une partie du terrain (la zone 2.1) dont on sait seulement qu’elle pourra accueillir des projets en vue d’un « aménagement provisoire » pour une période de 10 à 15 ans (voir article sur l’atelier participatif des Dames Blanches du mardi 14 juin). L’aspect éphémère a été répété par tous les partenaires impliqués dans la promotion immobilière du champ.

Comment parler sérieusement de « co-construction » et de « processus participatif » alors que la partie essentielle du projet n’est jamais discutée: la construction de 200 logements alors que le PPAS en prévoit 130, un seul accès carrossable au champ alors que le PPAS en prévoit deux, l’utilité de plus en plus contestée par les communes de bétoniser les derniers terrains cultivables de la Région bruxelloise… Ecolo n’a-t-il pas déclaré, par la voix du Ministre Maron, vouloir augmenter le nombre de terrains agricoles dans les 19 communes ?

Dans ce contexte, comment discuter de l’éventuel aménagement en ferme participative d’un terrain qui sera probablement urbanisé dans 15 ans alors que l’on nous refuse tout débat sur la construction du terrain destiné à être urbanisé? 

Nous vendre l’idée d’une ferme participative sur une partie du terrain pendant quelques années a clairement pour but de nous détourner du plan de construction en deux phases de l’ensemble du champ.

Pour mémoire, la Commune refuse toujours d’acquérir le terrain de la zone 2.1, alors que cet achat, aujourd’hui, serait la garantie qu’elle ne sera jamais construite. Le Bourgmestre promet en revanche que la majorité communale qui sera en place dans 15 ans (!) décidera « certainement » d’en faire l’acquisition.

Pour cela, le Bourgmestre évoque un hypothétique « provisionnement » budgétaire annuel qui pourrait ne jamais avoir lieu ou être interrompu à tout moment par les prochaines majorités.

Un premier mauvais signal a été donné par le vote du budget communal 2022 qui, déjà, ne prévoyait aucun provisionnement pour l’achat du champ.

Tout cela a de quoi nous effrayer

Atelier « participatif » des Dames Blanches du mardi 14 juin

Mardi, se tenait au Centre Communautaire de Joli-Bois, un Atelier de co-construction du champ des Dames Blanches en présence d’opérateurs venus présenter des « projets inspirants » pour l’aménagement « provisoire » de la partie non construite du champ. On vous traduit ?

En français, cela signifie que trois associations sont venues présenter des projets qu’ils ont déjà réalisés et qu’ils pourraient mettre en œuvre sur la partie non construite du champ (zone 2.1). Il s’agit d’un terrain de 2,5 ha sur les 10 ha du champ.

Avant cet atelier, la présentation -qui a duré 1 heure- a consisté à décrire le déroulé des prochaines étapes de cette « participation citoyenne ». En gros, les discussions qui portent sur la zone non construite (pour l’instant), dureront  jusqu’à la fin 2022. C’est du moins ce que « croit savoir » l’organisateur de la soirée.

Quatre phases sont prévues

-La réunion de ce mardi,

-L’établissement de bases par une participation via internet ( un google forum),

 -Une nouvelle réunion de débat en septembre,

-Et enfin l’établissement d’un cahier des charger « pour la fin de l’année ».

Attention, ce sera temporaire

Tous les participants officiels de cette réunion ont répété à l’envi que tout ce qui sera initié sur la partie non construite lors de la 1ère phase de construction, le sera bien à titre temporaire. Le délai de 15 ans a même été évoqué. C’est évidemment ce qui a entraîné la plus grande inquiétude de la part des participants. Cela confirme (si besoin en était) que la construction de ce terrain d’ici 15 ans est toujours à l’ordre du jour.

Rappelons que la Commune refuse toujours d’acquérir le terrain pour s’assurer qu’il ne sera jamais construit. Le Bourgmestre promet en revanche que la majorité qui sera en place dans 15 ans décidera certainement d’en faire l’acquisition.

Le Bourgmestre évoque un « provisionnement » annuel qui pourrait ne jamais avoir lieu ou être interrompu par les prochaines majorités. Un premier mauvais signal a été donné par le vote du budget 2022 qui, déjà, ne prévoit aucun provisionnement pour l’achat du champ.

Qui financera ces travaux ?

Le financement des travaux est peu clair, bien que n’appartenant pas au groupe de « gouvernance » du projet Dames Blanches (Région, SLRB, Commune…), c’est la société locale d’habitations sociales -En Bord de Soignes-  qui devra payer la facture avec un subside des 2/3 assuré par la SLRB. Une information inquiétante si l’on sait que la situation financière de En Bord de Soignes n’est pas brillante.  Outre le fait que le projet de construction de logements sociaux au rond-point de l’Orée (pratiquement finalisé) est à l’arrêt, les chantiers de rénovation d’une dizaine de logements sociaux du Vieux Quartier sont au point mort. La situation semble telle que En Bord de Soignes a décidé de vendre aux enchères les 28 garages pour disposer rapidement d’un montant « one shot », plutôt que de profiter de sa rente des loyers mensuelle. La vente aura lieu sur un site de vente en ligne du 20 au 28 juin.

Bizarre aussi cette décision de transformer certains logements sociaux de la Cité de l’Amitié en bureaux.

Une ferme participative ?

Pour ceux qui n’étaient pas présents à « l’Atelier de mardi », précisons que les habitants réunis en trois groupes de présentation des « projets inspirants » se sont largement prononcés en faveur d’une réalisation du type de la ferme urbaine participative dite « le Début des Haricots », une ferme urbaine qui travaille en collaboration avec des personnes au parcours de vie parfois difficile et qui revend sa production (fruits, légumes, œufs) à la population locale.  Une initiative inspirée de cette ferme permettrait de créer un lien social avec la population, via le commerce local dont Bruxelles manque cruellement. Des activités scolaires seraient également possibles.

Une habitante du quartier a pour sa part évoqué la création d’un parc funéraire permettant aux habitants de disposer d’un lieu de mémoire où répandre les cendres des défunts.

N’oubliez pas le prochain atelier consacré à la mobilité qui se tiendra le 27 juin à 20 heures au centre communautaire de Joli-Bois. Pour information, le nouveau comptage du trafic dans le quartier demandé par les riverains (le premier était très approximatif) s’est fait lorsque l’avenue des Dames Blanches était… fermée au trafic pour cause de travaux.

Ecolo ne ne veut plus construire de logements à Bruxelles. Sérieux ?

Selon le journal L’Echo, Rajae Maouane, coprésidente des Verts dit vouloir répondre à la crise bruxelloise du logement non pas par la construction, mais par une meilleure accessibilité aux logements existants.
Cette position s’inscrit dans le grand débat sur le choix, « de maintenir à tout prix les espaces verts en ville ou privilégier la construction de logements sociaux ?». L’illustration en est donnée par la protection des friches Josaphat ou du Chant des Cailles, où Ecolo défend la pérennité des terrains non construits.

Les logements existent déjà en nombre suffisant

La Bruxelloise Rajae Maouane affirme dans l’Echo que « les partis traditionnels ont longtemps défendu la bétonisation à outrance et on voit aujourd’hui que c’est problématique vu le dérèglement climatique ». Elle tire ensuite la constat que « la crise du logement, c‘est surtout une crise d’accessibilité… Les logements existent déjà en nombre suffisant, comment les rendre plus accessibles, c’est ça l’enjeu.
Les Ecolo de la Majorité à Woluwe-Saint-Pierre vont-ils tirer les mêmes conclusions que la patronne bruxelloise de leur parti ? Ce serait bien qu’ils prennent, enfin, position après des mois de silence total sur le projet des Dames Blanches.

Et la deuxième phase de construction sur le champ? Tout est en place

Le Journal La Capitale (Sud Info) s’est penché cette semaine sur le fameux accord passé entre le Bourgmestre Benoît Cerexhe et la SLRB pour construire 200 logements sur le champ dans une première phase, la seconde partie du champ pouvant éventuellement être construite d’ici 10 ou 15 ans. Dans une phrase, il reconnaît que seule la majorité communale en place vers 2037 pourra décider d’empêcher cette deuxième phase de construction:  «Je pense, dit-il,  que celle ou celui qui me succédera serait bien fou de ne pas exécuter cet accord».   Voilà qui est dit: dans 15 ans, le bourgmestre en place fera ce qu’il veut.       

https://lacapitale.sudinfo.be/941932/article/2022-04-26/dames-blanches-le-mr-propose-une-commission-speciale-pour-plus-de-transparence

Le MR, seul parti d’opposition à Woluwe-Saint-Pierre (le PS n’est pas dans la majorité, mais soutient le projet), demande à la Commune « plus de transparence », explique la journaliste de La Capitale.  Ce qui ne passe pas pour les libéraux, c’est notamment le non-respect du PPAS.

Pour des questions de mobilité et d’incidence sur le budget communal, le parti d’opposition demande l’instauration d’une commission spéciale à fixer au mois de mai «afin de donner une vision complète du dossier à l’ensemble du conseil (communal)» et qui soit également ouverte au comité de riverains.

Dans le même article, le Bourgmestre Benoît Cerexhe (Les Engagés) botte pourtant en touche en disant que le processus participatif (mis en œuvre par la SLRB)  est suffisant puisqu’il se termine par une «consultation populaire ». Depuis la parution de cet article, cette commission spéciale a pourtant été acceptée.

La journaliste nous a également donné la parole. A notre avis, une telle commission permettra d’objectiver les choses. Car s’il y a bien des ateliers participatifs, ils ne servent pas à travailler sur le fond. C’est comme si, du point de vue de la Commune, tout était plié. Les 4 projets enterrés depuis 1983 sont là pour appeler le Bourgmestre à un peu d’humilité. La commission spéciale sera donc la bienvenue.

Un rachat dans 15 ans, la grande promesse qui n’engage personne

L’article met aussi  le doigt sur la faiblesse majeure de cet accord: le pari que la Commune achètera la seconde partie du champ non construite …dans 15 ans.  Il y aura donc au moins deux changements de majorité à Woluwe avant qu’une majorité dont on ne sait rien aujourd’hui décide d’acheter le terrain, ou de laisser la SLRB reprendre la construction de 200 ou 300 nouveaux logements.

Comme nous l’avons toujours dit : il n’existe aucun obligation légale pour les futures majorités de tenir la promesse de Benoît Cerexhe.  Ce qui pourrait amener à terme, la construction de 400 ou 450 logements sur le Champ des Dames Blanches.

Dans La Capitale, le Bourgmestre évoque un «acte notarié» qui accordera à la Commune un DROIT d’emphytéose. Un droit qui permettra à la majorité en place dans les années 2035 d’acheter ou non le terrain. Le prochain Bourgmestre aura alors 6 mois pour prendre sa décision. En cas de refus d’acheter le terrain, la SLRB pourra reprendre immédiatement ses constructions sur le champ.

Le Bourgmestre assure : «On va progressivement mettre de l’argent de côté pour que ce ne soit pas une trop lourde charge à payer en une fois. Je pense que celle ou celui qui me succédera serait bien fou de ne pas exécuter cet accord». Voici la terrible confession de Benoît Cerexhe : la seule garantie qu’une deuxième phase de construction sur le champ n’aura pas lieu repose sur le sentiment que le successeur du Bourgmestre en 2035 «serait fou de ne pas exécuter cet accord».

Comme si cela ne suffisait pas, la preuve que cette promesse n’engage personne est que, déjà, la Commune montre qu’elle n’y croit pas elle-même. Pour son budget annuel voté il y a quelques semaines, la majorité n’a même pas inscrit de provision en 2022 pour l’achat du champ. Voici donc le premier des 15 provisionnements prévus jeté aux oubliettes.

Il serait tellement plus simple honnête d’acheter le champ maintenant et de le rembourser en 15 ans. D’autant que les taux d’intérêt sont encore bas. Mais plus pour longtemps. A propos, combien vaut la seconde partie du champ? Personne ne le sait.

Premier atelier mobilité: les riverains… pas contents

Malgré une invitation « toutes boîtes » postée durant les vacances de Pâques et à peine une grosse semaine avant l’événement, plus de 40 personnes étaient présentes ce jeudi 21 avril à 18h30.  Et l’ambiance a tourné au vinaigre.

Cette première rencontre consistait à établir un double diagnostic sur la mobilité dans un rayon de 500 mètres autour du champ. L’un sur l’impact de la circulation et l’autre sur le calibrage des voiries.

Un comptage du trafic approximatif

L’étonnement des riverains a commencé par le constat qu’un seul appareil de comptage (deux câbles au sol) a été installé durant deux semaines avenue des Dames Blanches, au niveau du champ. Un comptage réalisé avant les vacances, mais durant la période de télétravail. Ce contrôle était « renforcé»  par trois comptages manuels à l’Orée, au coin Dames Blanches/Sainte-Alix et dans la montée des Dames Blanches vers l’avenue Baron d’Huart. Les habitants se sont étonnés que le jour de ces comptages manuels était un jeudi, et non le mercredi, jour de marché ou le dimanche, le jour de la messe la plus suivie. Soit deux jours pendant lesquels les parkings (Sainte-Alix et Vieux Quartier) sont combles. Les riverains du Vieux Quartier ont, par ailleurs, fait remarquer que le futur piétonnier (dans la continuation de la Place Dewandre) qui le connecterait au nouveau lotissement, accroîtrait le nombre de véhicules dans le quartier déjà saturé.   

Importantes lacunes

Bizarrement, l’étude de mobilité ne s’est pas intéressée au trafic de l’avenue du Tir aux Pigeons qui subit une circulation importante induite depuis (ou vers) l’avenue des Dames Blanches. 

L’étude ne s’est pas non plus penchée sur l’impact du trafic sur l’avenue d’Huart qui connaît pourtant la formation fréquente de files après 16H. Plusieurs représentants de la Commune de Kraainem, présents, ont regretté de ne pas avoir été consultés, alors qu’ils étaient présents à toutes les réunions précédentes.

Le trafic via les Quatre-Bras est d’ailleurs condamné à s’accroître, lorsque sera acquise la décision du démantèlement du viaduc Hermann-Debroux décidé par la Commune d’Auderghem.

Des parkings en suffisance ?

L’étude arrive à la conclusion que la disponibilité des places de parking est suffisante et pourrait encore aisément accueillir des véhicules supplémentaires. Ce qui a provoqué une réaction unanime de tous habitants du quartier Sainte-Alix, dont la plupart des rues (Crockaert, Van Crombrugghe, Van der Meerschen …) sont déjà saturées.

Avenue des Dames Blanches : « un bien à protéger » selon les Monuments et Sites

L’étude arrive aussi à la conclusion que le trafic de l’avenue des Dames Blanches (qui serait à moins de 200 véhicules par heure) est « relativement faible par rapport aux autres rues de Bruxelles ».  Les responsables de ces comptages reconnaissent pourtant que le gabarit de l’avenue des Dames Blanches est trop étroit et qu’un élargissement « serait possible ». Une option rejetée par tous les participants à « l’Atelier » Précisons que, lors de toutes les réunions auxquelles il a participé, le Bourgmestre Benoit Cerexhe a toujours déclaré que l’on n’élargirait pas l’avenue des Dames Blanches.  « La Cité des Dames Blanches » a été conçue par Louis Herman, figure marquante du mouvement moderniste. Un document en notre possession indique que cette citée « figure sur les listes des biens à protéger dressées par le Service des Monuments et sites ».

Transports publics insuffisants

La même étude constate que les transports publics sont peu présents dans un rayon de 10 minutes. Seul le bus 36 dont la fréquence est basse et la ponctualité déplorable est disponible à proximité. Pour atteindre l’arrêt du tram 44, il faut compter 10 minutes de marche. L’étude constate d’ailleurs que pour se rendre dans Bruxelles depuis l’avenue des Dames Blanches, la voiture est plus rapide que les transports en commun.

En conclusion, les participants se sont étonnés du manque de précision de l’étude (faute de temps ?) et attendent un recomptage plus crédible. Ils se sont aussi questionnés sur le timing de cet « Atelier » alors que rien n’est encore connu sur la quantité d’habitants (qui dépendra de la taille des logements) et du nombre d’accès au nouveau lotissement (2 selon le PPAS, mais 1 selon le nouveau projet qui renvoie tout le trafic vers l’avenue des Dames Blanches).

On ignore aussi l’accroissement de trafic induit par la crèche déjà prévue et par les participations aux activités récréatives envisagées. 

Petite précision finale, cette rencontre constituait le premier de quatre ateliers qui devaient se tenir, selon le planning décidé par la SLRB et la Commune, AVANT la fin mars. Pratiquement : deux ateliers Mobilité et deux ateliers Urbanisation. Les dates des 3 prochains ateliers ne sont pas connues. Nous avons insisté auprès de l’organisateur Citytools afin de prévenir les riverains dans des délais plus raisonnables.

100.000 habitants de plus dans moins de 50 ans

Selon le  dernier rapport du bureau du plan, En 2070, la Région de Bruxelles-Capitale comptera 100.000 habitants supplémentaires. Soit plus de deux fois la population de Woluwe Saint pierre… Avec le projet de bétonisation du champ des Dames Blanches, on est sur la bonne voie.

Il paraît que cela va rendre Bruxelles encore plus agréable.

Ecolo ne veut plus bétonner les champs en région bruxelloise… Sauf à Woluwe

Dans une interview publiée ce lundi 7 janvier dans le quotidien le Soir, Groen-Ecolo parle d’une « repriorisation » tenant compte  « des réalités du monde post-Covid ». Alain Maron et Elke Van den Brandt  invoquent l’urgence « de la transition écologique et de la verdurisation de Bruxelles ».

Et pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, On peut encore lire que les verts « réaffirment leur volonté de protéger au maximum les espaces verts de la capitale.»  Selon l’article, c’est là que s’opposeraient les Verts et le PS. Notamment à propos de sites comme la Ferme du Chant des Cailles, à Watermael-Boitsfort, et la friche Josaphat, zone de 24 hectares à cheval sur Schaerbeek et Evere. « Il faut préserver l’intégrité du Chant des Cailles. C’est un projet exemplaire d’agriculture urbaine et de cohésion sociale», assure Alain Maron. Ecolo ne veut pas de construction au Chant des Cailles, et veut modifier le plan d’aménagement directeur (PAD) pour la friche Josaphat, écrit le Soir… « Ce sera notre ligne », appuie encore Alain Maron.

On comprendrait mal que cette « ligne » fortement revendiquée ne soit pas appliquée au Champ des Dames Blanches. Mais comme pour tous les partis de l’actuelle majorité de Woluwe-Saint-Pierre, le silence d’Ecolo est assourdissant. Olivier Deleuze, réveille-les, ils veulent bétonner l’un des tout derniers champs de la Région Bruxelloise.

Budget 2022: c’est parti pour la seconde phase de construction sur le champ des Dames Blanches dans 10 ans ?

Petit rappel: l’accord signé « en stoemelings » entre Woluwe-St-Pierre et la Région Bruxelloise, devait être « garanti » par l’achat d’une partie du terrain 15 ans après la construction de 200 logements sur le champ des Dames Blanches (prévu pour 2024). Premier problème : c’est la majorité qui sera en place en 2037 ( !?) qui « devra » racheter ce terrain. Or, comme chacun sait, nul ne peut engager une tierce partie dans un accord que cette dernière n’a pas signé. Pire encore, la Commune déclare qu’elle « provisionnera » cet achat durant 15 ans pour « permettre » à la future majorité de faire le bon choix. Déjà, personne ne connaît le nom du prochain bourgmestre, mais comme le révèle de manière chiffrée l’article de ce 23 janvier publié dans La Capitale, le budget de 2022 ne contient pas l’ombre d’un premier euro de provisionnement pour l’achat du champ. Aïe.

Le quotidien rapporte que selon le MR, parti d’opposition, « les dépenses de fonctionnement ont connu une augmentation de 32% en 6 ans. En revanche, on ne trouve pas trace, dans ce budget, de l’argent nécessaire pour le fameux provisionnement promis pour l’achat du terrain. Comment croire, dès lors, que les deux majorités qui se succéderont à partir de 2024 mettront la main au portefeuille (le nôtre) pour financer un projet qui n’est pas le leur.

Et comme «les emmerdes volent en escadrille » (Jacques Chirac), si la situation économique de la Commune continue à se détériorer, l’argent éventuellement «provisionné» pourrait servir à d’autres dépenses. Dès ce moment, la partie non construite du champ, lors de la première phase, pourra automatiquement l’être d’ici 10 ou 15 ans (200 ou 300 logements supplémentaires ?). Car la SLRB pourra reprendre la main après un délai de 6 mois de réflexion de la Commune.

Toujours selon La Capitale, rapportant les déclarations du MR, la Commune équilibrera le budget 2022 par la vente de biens immobiliers pour un montant de 1.765.000 euros. Si l’on en est vraiment à la vente des bijoux de famille de la Commune, il est clair que, jamais, aucun provisionnement ne sera jamais budgété. Et le terrain sera construit entièrement. CQFD.

Une nouvelle illustration de l’adage selon lequel «les promesses n’engagent que ceux qui y croient».