Bétonisation du champ des Dames Blanches : un nouveau déni de démocratie

Depuis 2021, la Commune, la Région et la SLRB suivent une procédure qualifiée de « participative ». Mais les réunions sont souvent critiques à l’égard du projet de construction du champ des Dames Blanches. Alors, les promoteurs ont décidé, sans prévenir, de changer les règles du jeu et de créer un «panel citoyen» tiré au sort… et rémunéré!

Des habitants de Woluwe-Saint-Pierre (sans doute quelques centaines) ont reçu un courrier les avertissant qu’ils avaient été tirés au sort pour participer à un panel chargé de donner un avis sur le projet de construction de centaines de logements sur le champ. 21 personnes seront retenues. Elles seront rémunérées pour participer aux réunions. Est-ce bien sérieux, et où est la démocratie dans tout cela ?

Pour rappel, plusieurs réunions (visite du champ, présentations, «ateliers »,…) se sont déroulées ces derniers mois. En changeant les règles, les promoteurs du projet font fi de tout le temps consacré par les habitants à ce qui apparaît aujourd’hui comme un simulacre de participation. D’autant que le processus ne prévoyait nullement cette nouvelle procédure.

Ensuite, les quatre « Moments » (sic) prévus entre mai et septembre  font double emploi avec  toutes les réunions passées. Par exemple, le premier « moment » est une visite du champ des Dames Blanches. Pour rappel, elle avait déjà eu lieu il y a plus d’un an, et avait réuni un vaste public. Bien plus nombreux que les 21 personnes qui seront «tirées au sort ». Cela semble d’ailleurs indiquer que les 21 personnes qui seront retenues ne sont pas très au fait de la problématique du champ.

Vient ensuite la méthode même de désignation du futur « panel citoyen( ?) » qui a fixé la liste des personnes contactées? Et comment croire que ces dernières sont davantage intéressées par le sujet

que tous les habitants qui ont déjà consacré leurs soirées aux réunions prévues par la première procédure en cours?

Et la démocratie bordel ?

D’un point de vue purement démocratique, le principe même du tirage au sort est déjà sujet à caution.

Mais que dire d’un panel dont la principale motivation serait de gagner 35 euros par réunion. L’actualité nous rappelle avec acuité que l’argent acquis sans cause émousse fortement le sens des valeurs de ceux qui le perçoivent.

S’il y avait encore des doutes sur la volonté « participative » des promoteurs du projet de construction, ils sont définitivement levés par la Commune et la Région. L’avis des riverains du champ ne les intéresse pas. Les « autorités » vont constituer leur propre « panel ».

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